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Actualités de Equinoreve Thérapie - Véronique Gaillard - Spécialiste des troubles anxieux - Accompagnement en ligne

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Crises de panique nocturnes : pourquoi elles surviennent en pleine nuit

23 août
7 min de lecture

Je me réveille en pleine nuit avec une crise de panique, pourquoi ?

Les crises de panique nocturnes sont des épisodes d'anxiété intense qui surviennent pendant le sommeil, généralement en phase de sommeil profond non-REM, provoquant un réveil brutal avec palpitations, oppression thoracique, sueurs froides et terreur intense, sans déclencheur conscient identifiable. Contrairement aux crises diurnes, elles ne sont pas précédées de pensées anxieuses, elles semblent surgir de nulle part, ce qui les rend particulièrement terrifiantes. Elles résultent d'une hyperactivité du système nerveux autonome pendant le sommeil, souvent liée à une anxiété chronique sous-jacente non traitée, et répondent aux mêmes approches thérapeutiques que les crises diurnes.

Il est 3h du matin. Vous dormez. Et soudain, vous vous réveillez en état d'alarme totale : cœur qui s'emballe, poitrine oppressée, sueurs froides, impression de mourir... Tout ça sans raison apparente. Vous étiez endormi(e), et maintenant vous êtes en panique.

C'est peut-être la forme d'anxiété la plus terrifiante parce qu'elle arrive dans le seul moment où vous étiez censé(e) être en sécurité.

Et la question qui revient, inévitablement : pourquoi la nuit ? Pourquoi quand je dors et que je ne pense à rien ?

La réponse est neurologique et elle va changer la façon dont vous comprenez ce qui vous arrive.


Ce qui se passe dans votre cerveau pendant le sommeil

Le sommeil n'est pas un état d'inactivité

On imagine souvent le sommeil comme un état passif, le cerveau qui se met en veille. C'est inexact. Le sommeil est un état actif, organisé en cycles, pendant lesquels le cerveau accomplit des fonctions essentielles : consolidation de la mémoire, régulation émotionnelle, traitement des informations de la journée.

Et c'est précisément cette activité nocturne qui peut, chez la personne anxieuse chronique, déclencher une crise de panique.


Les cycles du sommeil et où survient la crise

Une nuit normale s'organise en cycles de 90 minutes environ, alternant sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal (REM, celui des rêves). Les crises de panique nocturnes surviennent presque toujours en phase de sommeil profond appelé NREM stade 3, généralement dans le premier tiers de la nuit, entre 1h et 3h du matin.

Ce point est crucial : le sommeil profond est la phase la plus éloignée du rêve. Les crises de panique nocturnes ne sont pas causées par un cauchemar. Elles ne surviennent pas pendant le sommeil paradoxal. Elles arrivent dans le silence neurologique du sommeil profond sans contenu onirique, sans pensée consciente.


C'est pourquoi elles semblent surgir de nulle part. Elles surgissent effectivement de nulle part au sens conscient du terme.


Pourquoi le système nerveux déclenche l'alarme pendant le sommeil

L'hypothèse du faux signal d'asphyxie

Une des théories les mieux documentées sur les crises nocturnes implique le système de détection du CO2. Pendant le sommeil profond, la respiration ralentit naturellement et le taux de CO2 dans le sang augmente légèrement. C'est parfaitement normal.

Mais chez les personnes anxieuses, ce système de détection est hypersensible. Une légère élévation du CO2, qui ne représente aucun danger, peut être interprétée par le tronc cérébral comme un signal d'asphyxie. L'alarme se déclenche. Le corps se réveille en état d'urgence.

Votre cerveau a cru que vous étiez en train de suffoquer. Et il a réagi en conséquence avec toute la puissance d'une réponse de survie.


Le système nerveux autonome en déséquilibre nocturne

Chez la personne anxieuse chronique, l'équilibre entre système nerveux sympathique (alarme) et parasympathique (récupération) est perturbé. Pendant la journée, l'activité et la distraction maintiennent un certain équilibre. La nuit, sans ces compensations, le déséquilibre peut s'exprimer plus librement.

Le système sympathique qui devrait être au repos reste en hyperactivité relative. Une variation physiologique banale (changement de position, modification du rythme cardiaque, transition entre phases de sommeil) peut suffire à déclencher l'alarme.


Le traitement nocturne des émotions de la journée

Pendant le sommeil, le cerveau traite les émotions et les informations de la journée. Chez la personne anxieuse, ce traitement peut générer une activation émotionnelle intense sans que cela prenne la forme d'un rêve ou d'un cauchemar. Cette activation peut déclencher une réponse d'alarme physique qui remonte jusqu'à la conscience sous forme de crise.

C'est particulièrement fréquent après des journées chargées émotionnellement même si la journée semblait bien se passer en surface.


Pourquoi les crises nocturnes sont souvent plus terrifiantes que les diurnes

L'absence de déclencheur identifiable

Pendant une crise diurne, on peut souvent identifier ce qui l'a déclenchée : une pensée, une situation, une sensation. Pendant une crise nocturne, il n'y a rien. On était endormi. Cette absence totale de déclencheur rend la crise incompréhensible, et donc encore plus terrifiante.

Le cerveau cherche une explication. Ne trouvant pas de source externe, il en conclut que la source est interne : le cœur, le cerveau, quelque chose qui va vraiment mal, ce qui amplifie la panique.


La solitude et l'obscurité

La nuit, on est seul. Il fait sombre. Les repères habituels sont absents. Le cerveau en état de panique, déjà privé de ses ressources cognitives par le réveil brutal, n'a aucun ancrage disponible. La terreur est maximale.


La peur de se rendormir

Après une première crise nocturne, beaucoup de personnes développent une peur de se rendormir, de laisser leur garde baisser, de perdre le contrôle à nouveau. Cette peur entretient une hypervigilance au moment du coucher qui augmente paradoxalement le risque de nouvelle crise. C'est une boucle particulièrement épuisante.

La crise nocturne crée sa propre continuité : la peur de la prochaine crise produit une tension qui facilite la prochaine crise. Sans travail sur ce mécanisme, le cycle s'auto-entretient.


Ce que les crises nocturnes révèlent sur votre anxiété

Un signal que l'anxiété est profondément ancrée

Les crises de panique diurnes peuvent parfois être évitées, en évitant les situations déclenchantes (ce qui n'est pas non plus une bonne idée à la longue, voir ici pourquoi). Les crises nocturnes, elles, ne peuvent pas être évitées par le comportement : on ne peut pas ne pas dormir.

Leur présence indique que l'anxiété est suffisamment ancrée pour s'exprimer même quand toutes les défenses conscientes sont baissées. C'est un signal clair que le traitement doit porter sur les mécanismes profonds, pas sur la gestion de surface.


Un signal à ne pas ignorer

Les crises nocturnes répétées perturbent le sommeil, qui perturbe la régulation émotionnelle, qui augmente l'anxiété diurne, qui aggrave les crises nocturnes. Ce cercle vicieux peut s'installer rapidement et durablement.

Plus elles durent sans prise en charge, plus elles s'ancrent et plus le retour à un sommeil serein demande de travail. Agir tôt est important.


Ce qui permet d'arrêter les crises nocturnes

Pourquoi les solutions habituelles ne suffisent pas

Les techniques de gestion diurnes, cohérence cardiaque, méditation, respiration, ne peuvent pas être appliquées pour éviter une crise nocturne. On se réveille en état de panique totale, sans ressources cognitives disponibles. Il est trop tard pour prévenir.

Ce qui fonctionne doit être préparé avant et doit agir sur la cause : l'hyperactivité du système nerveux autonome pendant le sommeil, pas sur les symptômes de la crise.


Le travail sur le système nerveux autonome

Recalibrer le système nerveux autonome, abaisser son niveau d'activation de base, réduit la probabilité que des variations physiologiques nocturnes banales déclenchent l'alarme. Ce recalibrage se fait par un travail régulier sur les circuits d'alarme, les schémas cognitifs anxieux et la réponse émotionnelle automatique.

C'est précisément ce sur quoi agit l'Hypnose Cognitive et Comportementale en combinant le travail cognitif conscient et l'accès au cerveau émotionnel via l'état hypnotique. Quand le niveau d'alarme de base diminue, les variations nocturnes ne suffisent plus à déclencher la crise.


Le travail sur la peur de se rendormir

La peur de la prochaine crise nocturne, quand elle existe, est un mécanisme spécifique qui doit être traité séparément. C'est une anticipation anxieuse qui augmente la tension au moment du coucher, exactement ce qui favorise une nouvelle crise. Un accompagnement adapté travaille sur ce mécanisme précis.

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Questions fréquentes

Les crises de panique nocturnes sont-elles dangereuses ?

Non, elles ne présentent aucun danger vital pour une personne dont le cœur est sain. Les symptômes (palpitations, oppression, sueurs) sont produits par l'adrénaline sur un système cardiovasculaire normal. Elles sont terrifiantes mais pas dangereuses. Si vous n'avez jamais fait de bilan cardiaque et présentez ces symptômes pour la première fois, consultez un médecin pour écarter une cause organique. Une fois le bilan normal, vous pouvez être certain(e) que vos crises nocturnes ne mettent pas votre vie en danger.


Les crises nocturnes sont-elles causées par des cauchemars ?

Non c'est l'une des confusions les plus fréquentes. Les crises de panique nocturnes surviennent en phase de sommeil profond (NREM stade 3), qui est la phase la plus éloignée du rêve. Les cauchemars surviennent en sommeil paradoxal (REM). La personne qui fait une crise nocturne se réveille sans souvenir de rêve parce qu'il n'y en avait pas. La crise surgit dans le silence du sommeil profond, déclenchée par des processus physiologiques, pas par un contenu onirique.


Pourquoi mes crises de panique arrivent-elles toujours à la même heure la nuit ?

Parce que les crises nocturnes surviennent pendant une phase spécifique du sommeil, le sommeil profond, qui arrive à des moments relativement réguliers dans la nuit, généralement dans le premier tiers (entre 1h et 3h du matin). La régularité horaire reflète la régularité des cycles du sommeil. Ce n'est pas une coïncidence ni un signe que quelque chose de particulier se passe à cette heure-là, c'est simplement le moment où votre cerveau est dans la phase de sommeil la plus vulnérable à ce type de déclenchement.


Comment éviter les crises de panique nocturnes ?

Elles ne peuvent pas être évitées par des ajustements comportementaux simples car on ne peut pas ne pas dormir. Ce qui les réduit durablement, c'est un travail sur le système nerveux autonome pour abaisser son niveau d'activation de base. Quand ce niveau diminue, les variations physiologiques nocturnes normales ne suffisent plus à déclencher l'alarme. Ce recalibrage se fait via un accompagnement thérapeutique structuré, l'HCC, et non via des techniques de gestion de surface.


Les crises nocturnes peuvent-elles disparaître complètement ?

Oui, c'est l'objectif et c'est atteignable. Les crises nocturnes répondent aux mêmes approches thérapeutiques que les crises diurnes, avec un focus supplémentaire sur la régulation du système nerveux autonome pendant le sommeil et sur la peur de se rendormir. Les personnes qui s'engagent dans un travail thérapeutique adapté voient généralement une diminution de la fréquence et de l'intensité des crises en quelques semaines, puis leur disparition progressive.


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