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« Est-ce que je deviens folle/fou ? » — Ce que l'anxiété vous fait croire et ce qui est vrai...

  • 27 juin
  • 7 min de lecture

Peur de devenir fou ou de perdre le contrôle : ce que l'anxiété vous cache

La peur de devenir fou ou de perdre le contrôle de son esprit est l'un des symptômes les plus fréquents et les plus mal compris de l'anxiété chronique et des crises de panique. Elle résulte de la déréalisation et de la dépersonnalisation produites par le système nerveux en état d'alarme intense, des phénomènes neurologiques bénins qui créent une impression de rupture avec la réalité ou avec soi-même. Paradoxalement, cette peur est la preuve que la personne ne devient pas folle : les troubles mentaux graves comme la psychose ne s'accompagnent pas de la conscience de « devenir fou », c'est précisément l'anxiété qui génère cette conviction terrifiante mais infondée.

Il y a une pensée que des milliers de personnes anxieuses ont eue et que presque personne n'ose dire à voix haute : « Est-ce que je suis en train de devenir fou ? »

Comme une conviction que quelque chose se brise dans votre tête, que vous perdez prise sur votre propre esprit, que vous ne reviendrez pas de là où vous êtes en train de partir...

Certains ajoutent : « Je suis foutu pour la vie. » Ou : « Je ne serai plus jamais normal. »

Si vous avez eu ces pensées, cet article est pour vous. Et la première chose que je veux vous dire, c'est celle-ci :Le fait que vous posiez cette question est déjà la réponse.


Pourquoi l'anxiété donne l'impression de perdre la tête

La déréalisation et la dépersonnalisation, les coupables méconnus

Lors d'une anxiété intense ou d'une crise de panique, le cerveau déclenche une réponse d'alarme massive. Cette réponse inonde le corps d'adrénaline et modifie temporairement la façon dont le cerveau traite les informations sensorielles.

Il en résulte deux phénomènes qui peuvent être absolument terrifiants si on ne sait pas ce qu'ils sont :

La déréalisation :

Le monde extérieur semble irréel, flou, comme derrière une vitre ou dans un rêve. Les objets familiers semblent étranges. Les personnes autour de vous semblent lointaines ou artificielles. Vous avez l'impression d'être dans un film ou dans une simulation.


La dépersonnalisation :

Vous avez l'impression de ne plus être dans votre corps, de vous observer de l'extérieur et de ne plus vous reconnaître : Ne plus être « vous ».


Ces deux phénomènes sont neurologiquement bénins. Ils sont produits par une modification temporaire du traitement cérébral sous l'effet de l'adrénaline. Ils ne signifient pas que vous devenez fou ou folle, ils signifient que votre cerveau est en état d'alarme maximale.


Pourquoi c'est si convaincant

Parce que ces sensations sont réelles. Ce n'est pas imaginaire : votre cerveau perçoit effectivement quelque chose d'anormal et il cherche une explication. La conclusion « je deviens fou/folle » est la plus accessible, la plus terrifiante, et malheureusement la plus convaincante sur le moment.

Ce que votre cerveau ne sait pas, c'est que ce qu'il perçoit est une réponse neurologique transitoire, pas le début d'une maladie mentale.


La preuve paradoxale que vous ne devenez pas fou

Voici quelque chose que peu de gens savent, et qui change tout :

Les troubles mentaux graves tels que la psychose, la schizophrénie, ne s'accompagnent pas de la peur de devenir fou. Les personnes qui souffrent de ces troubles ne se demandent pas si elles perdent la tête. Elles vivent dans une réalité qui leur semble parfaitement cohérente.

La conscience de « devenir fou » est précisément la marque de quelqu'un qui ne l'est pas.

Cette peur intense, cette vigilance sur son propre état mental, cette terreur de perdre le contrôle, ce sont des symptômes d'anxiété et pas de psychose.

N'importe quel psychiatre vous le confirmerait : la personne qui arrive aux urgences en disant « je crois que je deviens fou » souffre presque invariablement d'anxiété ou de trouble panique, pas d'un trouble psychotique. La demande d'aide lucide, la conscience du problème, la peur de l'état dans lequel on se trouve, tout cela indique justement un cerveau qui fonctionne, pas un cerveau qui déraille.


« Je suis foutu(e) pour la vie » : pourquoi cette conviction est fausse

C'est l'autre pensée qui revient massivement dans les témoignages, pas juste la peur du moment mais la conviction que ça va devenir permanent, que quelque chose s'est cassé et que vous ne reviendrez jamais à votre état d'avant.

Ce que produit le cerveau anxieux chronique

L'anxiété chronique modifie temporairement la façon dont le cerveau évalue les situations. Elle installe un biais de négativité, une tendance à anticiper le pire, à généraliser, à voir l'état actuel comme définitif. « Je suis foutu(e) » est une pensée produite par un cerveau en surcharge, pas une prédiction fiable sur votre avenir.

Ce que dit la neuroplasticité

Le cerveau n'est pas figé. Les circuits neuronaux qui entretiennent l'anxiété se sont construits progressivement par répétition, par apprentissage, par accumulation. Ils peuvent se modifier de la même façon.

Des personnes qui ont vécu pendant des années avec la conviction d'être « foutues » ont retrouvé un quotidien normal, parce qu'elles ont travaillé sur les bons mécanismes, avec les bons outils.

La conviction d'être foutu pour la vie est elle-même un symptôme de l'anxiété. Et les symptômes peuvent être traités.


Les autres formes de cette peur : reconnaissez-vous la vôtre ?

La peur de « devenir fou » se manifeste différemment selon les personnes. Voici les formes les plus courantes :

  • La peur de perdre le contrôle de ses actes : faire quelque chose d'involontaire, de violent, de honteux, sans vraiment le vouloir

  • La peur de ne plus être capable de fonctionner, de ne plus pouvoir travailler, s'occuper de ses enfants, tenir une conversation

  • La peur que les pensées intrusives révèlent quelque chose de grave sur sa personnalité

  • La peur de la dépersonnalisation permanente, de ne jamais retrouver le sentiment d'être soi

  • La peur de finir hospitalisé en psychiatrie

  • La conviction que « les autres ne peuvent pas comprendre ce que je vis »


Toutes ces formes ont un point commun : elles sont produites par le même mécanisme, un cerveau anxieux en hypervigilance sur son propre fonctionnement, qui surveille ses pensées, qui interprète les sensations inhabituelles comme des signes de dégradation mentale, et qui, ce faisant, amplifie exactement ce qu'il redoute.


Ce qui aide vraiment et ce qui n'aide pas

Ce qui n'aide pas

  • Chercher des preuves que vous n'êtes pas fou, ça entretient le doute au lieu de le résoudre

  • Demander une réassurance constante à vos proches : soulagement temporaire, renforcement de la boucle anxieuse

  • Surveiller vos pensées pour vérifier qu'elles sont « normales » : la surveillance amplifie exactement ce qu'elle cherche à contrôler

  • Éviter les situations qui déclenchent la peur : le monde rétrécit, la peur grandit


Ce qui change vraiment les choses

Le travail thérapeutique sur ce type d'anxiété porte sur plusieurs niveaux simultanément :

  • Comprendre précisément ce qui se passe neurologiquement : la déréalisation, la dépersonnalisation, les pensées intrusives, pour cesser de les interpréter comme des signes de maladie mentale

  • Modifier les schémas de pensée automatiques qui transforment une sensation inconfortable en certitude de catastrophe

  • Réduire l'hypervigilance sur son propre fonctionnement mental, apprendre à laisser les pensées passer sans les surveiller

  • Recalibrer le système nerveux autonome pour que les états d'alarme intense deviennent de moins en moins fréquents


C'est exactement sur ces quatre niveaux que travaillent mes outils, mes programmes et l'Hypnose Cognitive et Comportementale que je pratique, en combinant le travail cognitif conscient sur les pensées catastrophistes avec un accès au système limbique via l'état hypnotique, là où les peurs les plus profondes se stockent.



Questions fréquentes

Est-ce que la peur de devenir fou signifie qu'on est fou ?

Non, c'est même l'inverse. Les troubles mentaux graves comme la psychose ne s'accompagnent pas de la peur de perdre la tête. La personne qui souffre d'un trouble psychotique ne se demande pas si elle devient folle, elle vit dans une réalité qui lui semble cohérente. La conscience aiguë de son propre état mental, la peur de le perdre, la vigilance sur ses propres pensées : tout cela est caractéristique de l'anxiété, pas de la psychose. C'est une distinction fondamentale que les professionnels de santé connaissent bien.


Qu'est-ce que la dépersonnalisation et est-ce dangereux ?

La dépersonnalisation est une sensation de détachement de soi-même comme si vous vous observiez de l'extérieur, comme si vous n'étiez plus vraiment « vous ». Elle est produite par une modification temporaire du traitement cérébral sous l'effet de l'adrénaline lors d'une anxiété intense. Ce phénomène est bénin et réversible, il ne signifie pas que vous perdez la raison. Il disparaît quand le système nerveux se calme. Chez les personnes anxieuses chroniques, il peut s'installer de façon plus régulière mais il répond bien à un travail thérapeutique adapté.


Les pensées intrusives violentes ou choquantes signifient-elles quelque chose de grave ?

Non. Les pensées intrusives, même violentes, sexuelles, choquantes ou tabou qui surgissent sans qu'on les veuille, sont extrêmement courantes chez les personnes anxieuses et ne reflètent pas leurs désirs, valeurs ou intentions réelles. Le cerveau anxieux produit ce type de pensées précisément parce qu'elles sont inacceptables pour la personne, c'est le paradoxe de l'intrusion. Plus la pensée vous horrifie, plus elle est susceptible d'être un symptôme d'anxiété. Une personne qui voudrait réellement faire du mal ne serait pas terrifiée par cette pensée.


Peut-on guérir de la peur de perdre le contrôle mental ?

Oui, c'est l'un des symptômes anxieux qui répond le mieux à une prise en charge adaptée, précisément parce qu'il suit une logique très précise. Le travail porte sur la compréhension neurologique du phénomène (déréalisation, dépersonnalisation, pensées intrusives), sur la modification des schémas de surveillance mentale qui amplifient la peur, et sur la recalibration du système nerveux. Les personnes qui s'engagent dans ce travail retrouvent progressivement un rapport apaisé à leur propre esprit sans avoir à le surveiller en permanence.


Comment distinguer une anxiété sévère d'un trouble mental grave ?

La distinction appartient à un professionnel de la santé mentale et ne peut pas être faite seul(e) sur internet. Ce qui peut vous rassurer : si vous cherchez des réponses, si vous vous demandez si ce que vous vivez est normal, si vous êtes capable de décrire précisément ce que vous ressentez et d'évaluer votre propre état, ces capacités métacognitives sont caractéristiques d'un cerveau anxieux, pas d'un cerveau en rupture avec la réalité. Si vous avez un doute sérieux, consultez un médecin, non pour confirmer que vous devenez fou, mais pour recevoir une évaluation professionnelle qui vous permettra d'avancer.


peur de devenir folle anxiété

2 commentaires


francoise.fourre10
05 juil.

TRES TRES BIEN EXPLIQUÉ

J'aime
Equinoreve Thérapie
Equinoreve Thérapie
07 juil.
En réponse à

Je suis ravie de vous avoir éclairée🙏

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